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EMMANUEL, Pierre

L'exilé de novembre

Je pars. tes lents cheveux sanglotent sur mon âme,

et déjà tu me perds dans l’ombre, ô bien-aimée !

Qui donc est revenu jamais ? Un soir d’automne

une feuille tombée sur la vasque, ce cri

d’un pas sur le gravier des heures ! mais l’allée

s’éloigne, et le passant se hâte vers l’hiver.

Un piano désert joue longtemps dans la brume,

il pleut. J’enfonce mes épaules, je rabats

mon chapeau sur ces yeux où s’éteint un novembre

transi de larmes, ton visage

Glisse, loin

glisse vers les retour éternel où se fondent

les départs sans espoir de retour, les adieux

jetés dans le brouillard suprême des années

et qui trente ans après sonnent toujours, là-bas.