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LE SAULX, Marin


Sonnet 60


Ô Trop cuisante ardeur qui vient de ces flambeaux !

Qui de leur double feu me brûlent dedans l'âme :

Ce feu sacré duquel le saint Esprit enflamme

Le glacé de la mort dans ses propres tombeaux.


Ce feu qui brûle et ard dans l'humide des eaux,

Qui de mille brandons les cœurs brûle et entame,

Mais non si très-avant ni d'une telle flamme,

Que celle qui me point de ses brandons gémeaux.


Ce feu de son ardeur en mon secret enclos,

Me brûle par dedans jusque dedans les os,

Et de ce feu la mort arme sur moi sa rage :


Ce feu qui brûle en moi, d'une même vigueur,

Ma Christine défend de mortelle langueur,

Qui pille le profit de mon propre dommage.