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MAETERLINCK, Maurice



Pelléas et Mélisande

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Les vieillards ont besoin de toucher quelquefois, de leurs lèvres, le front d'une femme ou la joue d'un enfant, pour croire encore à la fraîcheur de la vie et éloigner un moment les menaces de la mort.

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Je n’ai jamais vu de cheveux comme les tiens, Mélisande ! Vois, vois, vois, ils viennent de si haut et ils m’inondent encore jusqu’au cœur ; Ils m’inondent encore jusqu’au genoux ! Et ils sont doux, ils sont doux comme s’ils tombaient du ciel ! Je ne vois plus le ciel à travers tes cheveux. Tu vois, tu vois ? Mes deux mains ne peuvent pas les tenir ; il y en a jusque sur les branches dy saule... Ils vivent comme des oiseaux dans mes mains, et ils m’aiment, ils m’aiment plus que toi ! Tu entends mes baisers le long de tes cheveux ? Ils montent le long de tes cheveux... Il faut que chacun t’en apporte... Tu vois, tu vois, je puis ouvrir les mains... J’ai les mains libres et tu ne peux plus m’abandonner.

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