ANGOT, Robert de L’Éperonnière



Les exercices de ce temps

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Sans peur et sans etfroy de chose qui survienne,

Que le Ciel périssant les abysmes devienne,

Que la mer se déborde au devant de nos yeux,

Ou que la terre basse escallade les Cieux :

Tout m'est indifférent, pourvu que j'ave un verre

A l'ombre d'une treille, où couronné de lierre,

Je noye les ennuis, les procès, le souci.

L'ire, l'ambition et les amours aussi :

Pour richesses, grandeurs, pour tout bien je désire

A mon corps clair et net, santé qui ne s'empire,

A l'esprit liberté, jugement et raison,

Et, pour comble de biens, la paix dans ma maison

N'est-ce pas là la doctrine d'Epicure ?
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Les Amours d’Eurice XVII


Toute chose prend fin, tout est sujet au change,

Tout se perd dans le cours du destin inconstant,

Rien ne se voit çà-bas de ferme et de constant

Que le temps à la fin ne tourne et ne mélange.


L’Hiver pour quelque temps se retire et s’étrange,

L’Austre ne va toujours dans l’onde grommelant,

Le foudre en même lieu n’est toujours éclatant,

Toujours l’horrible Mars aux combats ne se range.


Le temps dissipe tout : il n’est pin orgueilleux,

Ni Palais si hautain, ni roc tant sourcilleux,

Que la force du temps enfin ne déracine,


Bref l’Automne, l’Été, l’Hiver et le Printemps,

Changent tous de saison, l’âge change le temps,

Mais rien ne peut changer la rigueur d’Éricine.



Sur le cul d’une demoiselle


Beau cul de marbre vif dont amour fait sa gloire,

Cul dont les doux regards sont d’attraits embellis,

Cul qui par sur tout autre obliges mes écrits,

De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire ;


Cul qui sur tous les culs reportes la victoire,

Cul qui passe en blancheur et la Rose et les Lys,

Cul de qui le mérite oblige mes écrits

De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire,


Beau cul, bien que tant d’heur se marque assez en vous,

Ce n’est pas le sujet qui fait qu’aux yeux de tous,

J’étale en ces écrits vos beautés que j’admire,


Mais surtout, je vous aime, ô beau cul tout divin

Pour être le plus proche et l’unique voisin

De ce doux Paradis où l’Amour se retire !