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R É AL, Grisélidis



La passe imaginaire

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Je répondrai ceci: “Moi, je refuse de me réinsérer dans une société d’Assassins !” C’est tout, je préfère crever, en Pute vieillie, infirme et alcoolique, droguée et cancéreuse même s’il le faut, plutôt que de m’envelopper dans le linceul blanchi de leur hypocrysie ! Ils ne nous auront pas. L’Enfer, on a déjà donné. A nous, le Paradis des Gueux, des Criminels et des Prostitués ! A nous la grande Fiesta des Démons ! Qu’ils nagent dans leur cantiques et leurs prières éculées, c’est tout ce qui leur reste – à nous les voluptés, les tortures, les damnations du Péché ! … A nous toutes le flammes des folies interdites ! A nous les poisons, les blessures, le sang ! A nous les morts aphrodisiaques, les Hara-Kiri flamboyants ! A nous l’égorgement, et les empalements ! A nous les fauves, les serpents, les volcans ! De nos brûlures, et de nos écorchures, nous ressortons vivants et toujours assoiffés de désir, la vengeance nous allume comme de la dynamite, je crois si la planète s’arrêtait, nous la remettrions en marche de nos seuls hurlements de souffrance et de jouissance, et les plantes reverdiraient de nos sueurs et de nos foutres.

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Le noir est une couleur

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Cette histoire est écrite à la mémoire et à la gloire de Rodwell, mon amant noir qui vit à Chicago dans la Michigan Avenue, au quartier nègre.

"En Amérique, dit Rodwell, on tue nos âmes."

La paix soit à son corps, et que l'épargne au sein des émeutes le délire imbécile et jaloux des Blancs à tête de singe.

Que son grand sexe velouté, que j'ai tenu dans mes mains blanches, pareil à un lys noir tressaillant, fasse crier d'amour les négresses luisantes, et qu'il dresse leurs seins comme des lunes de bronze.

Car je marcherais pieds nus à travers toute la terre, je sentirais avec délice les épines s'enfoncer dans ma chair, les sables me brûler et les cristaux de neige m'écorcher comme des couteaux, si je pouvais sentir encore en moi sa tige de feu me défoncer le ventre, tornade brûlante de l'amour noir.

Oui, nous nous sommes aimés, nous nous sommes drogués, nous nous sommes anéantis dans les cris rauques du jazz. Je suis vide. Ton absence m'est la plus précieuse. Ta chair bleuit le soir à ma fenêtre et s'assombrit tout entière, refermant sur moi sa coupole constellée de sueurs d'or. Je suis toi. Je n'ai pas d'autre chant que ton nom sur mes lèvres. »

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