HAROCHE, Raphaël


Port Coton


Quoi que tu fasses

Je ne sais pas ce que ça remplace

Et derrière nous

C'est encore à l'ombre

Faut-il encore qu'on raconte?

Que quelque chose nous revienne

Faut-il qu'on soit seul sur Terre?

Ici aussi


Boire pour la soif

Je ne sais pas ce qui de nous deux restera

Tu dis mais je ne regarde pas

Je n'ai jamais vu la mer

Mais j'en ai vu des noyés

Comment fais-tu pour oublier?

Pour oublier

Et la pluie qui revient, dans nos voix

Pas une chanson où je ne pense à toi


Dans ce monde inhabitable

Il vaut mieux danser sur les tables

À Port Coton, qu'on se revoie

Qu'on se revoie


Et quoi que je fasse

Je ne sais pas ce que ça remplace

Et derrière nous

C'est encore à l'ombre

Aller auprès des phares

Et la vie est sans phare


À Port Coton, qu'on se revoie

Dans ce monde inhabitable

Il vaut mieux danser sur les tables

À Port Coton, qu'on se revoie

Qu'on se revoie



Caravane


Est-ce que j'en ai les larmes aux yeux

Que nos mains ne tiennent plus ensemble

Moi aussi je tremble un peu

Est-ce que je ne vais plus attendre


Est-ce qu'on va reprendre la route

Est-ce que nous sommes proches de la nuit

Est-ce que ce monde a le vertige

Est-ce qu'on sera un jour puni


Est-ce que je rampe comme un enfant

Est-ce que je n'ai plus de chemise

C'est le Bon Dieu qui nous fait

C'est le Bon Dieu qui nous brise


Est-ce que rien ne peut arriver

Puisqu'il faut qu'il y ait une justice

Je suis né dans cette caravane

Et nous partons allez viens

Allez viens


Et parce que ma peau est la seule que j'ai

Que bientôt mes os seront dans le vent

Je suis né dans cette caravane

Et nous partons allez viens

Allez viens


Eblouie par la nuit

Éblouie par la nuit à coups de lumières mortelles

À frôler les bagnoles, les yeux comme des têtes d'épingles

J't'ai attendu cent ans dans les rues en noir et blanc

Tu es venu en sifflant


Éblouie par la nuit à coups de lumières mortelles

À shooter les canettes, aussi paumée qu'un navire

Si j'en ai perdu la tête, j't'ai aimé et même pire

Tu es venu en sifflant


Éblouie par la nuit à coups de lumières mortelles

Faut-il aimer la vie ou la regarder juste passer?

De nos nuits de fumettes, il ne reste presque rien

Que des cendres au matin


À ce métro rempli de vertiges de la vie

À la prochaine station, petit européen

Mets ta main, descend-la au-dessous de mon cœur


Éblouie par la nuit à coups de lumières mortelles

Un dernier tour de piste avec la mort au bout

J't'ai attendu cent ans dans les rues en noir et blanc

Tu es venu en sifflant