CHEDID, Andrée
L’espérance
J’ai ancré l’espérance
Aux racines de la vie
Face aux ténèbres
J’ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits
Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries
Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir
J’enracine l’espérance
Dans le terreau du cœur
J’adopte toute l’espérance
En son esprit frondeur.
Consentir
Derrière l'horizon
Tout au revers de soi
Nul obstacle
N'interrompt le regard
Tout s'accomplit
Tout s'accorde
Quand mort et vie
S'abordent
Le feu sacré
Nous sommes les poursuivants
D’une étrange poursuite
Sur nos terres mutilées
Faites de splendeur et d’ombres
Nos appels abondent
En quête du chemin
Vaine est l’exploration
Verrouillée la réponse
De broussailles en ténèbres
Seul résiste
Le feu sacré.
Perte du chant
Quand meurt le
Chant
La terre suffoque
Les paupières s'abattent
Sur le regard rompu
Quand meurt le
Chant
Les chemins errent
Les mots s'échinent
Sur la page sans issue
Quand meurt le
Chant
Demain n'est plus.
Par les jardins de la terre
Par les jardins de la terre,
Par les fontaines du seul amour,
Par le blé et le liseron,
Par l'élan et le roitelet,
Par ma jeunesse tant promise,
Par l'ami retrouvé,
Par tous les mots que je veux dire,
Par les mortels que j'aimerai:
Que je vive, ah! que je vive
Encore un espace de ce temps
De ce temps qui nous est compté.
De cet amour ardent je reste émerveillée
Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs
Ces bonheurs de la terre
Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent
Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés
Dans mon miroir
Défraîchi
Je me souris encore
Je reste émerveillée
Rien n’y fait
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée.
Jeunesse
Tu chantes!
Pour un temps s’apaise
L’univers en tornade
que tu portes dans tes flancs
Tu danses!
Ton corps brûle ses frontières
T’emporte hors de ton corps
Tu cries!
Ta fureur attise l’âme des univers éteints
Tous les appels du monde te traversent jeunesse!
Tu enfantes le feu.